Youssef Shoufan
Parce que le monde entier a vibré au ryhme des Jeux olympiques pendant deux semaines, et aussi parce que le sport catalyse bien souvent l’espoir en une société plus juste, plus unie et plus équitable, L’Esprit Simple a envoyé sur place un correspondant afin de prendre le pouls de cette grande fête sportive. Youssef Shoufan nous raconte de la rue comment Vancouver a vibré tout au long de cette quinzaine.
Edmonton serait-elle devenue une des villes les plus lucratives du Canada? Difficle d’en douter, lorsqu’on écoute les sages paroles de Mike Bonnicci. «Tu fais des spectacles là-bas et ils sont comme: `Oh mon Dieu! Ça fait 7 ans que c’est plate et qu’il fait froid ici. Et ce gars m’a fait rire! Donnons-lui 50 $ et du crystal meth!`», plaisante-t-il.
M. Bonnicci est un « busker », un artiste de rue, mais il est aussi bien plus que ça. À la différence des musiciens qui jouent de la guitare pour des personnes qui ne font que passer, les « buskers », pour leur part, sont plus rassembleurs. Dans la rue, grâce à eux, la foule se réunit en cercle pour les écouter pendant plusieurs dizaines de minutes.
Et pour M. Bonnicci, « busker » de presque 30 ans, son art va encore plus loin: « Je prends ça vraiment sérieusement. C’est un honneur pour moi de pouvoir faire ça. J’ai une audience de 2000 personnes par jour. 2000 personnes qui vont m’écouter! »
Puisqu’un tel auditoire n’est pas donné à tout le monde, Mike cherche encore la meilleure façon de profiter de cette opportunité. « Je ne veux pas amener les gens nulle part, mais leur montrer comment moi je pense. »
Défier les règles
Officiellement, Mike est venu à Vancouver pour assister au mariage de son frère.
Mais il profite des foules olympiques pour s’adonner à son art. Pour la durée des Jeux, par contre, Mike, avec comme surnom Dynamike, doit suivre certaines règles imposées par les autorités. Pas ses tronçonneuses habituelles ni de feu pendant le spectacle. « C’est trop dangereux. En fait, ça ne l’est pas… Ça a simplement l’air dangereux. »
Et si pour quelque raison, un agent décide d’arrêter le spectacle de Mike en son milieu, ce dernier a une tactique presque infaillible. Dynamike, l’artiste qui a développé son art depuis l’âge de 15 ans interpelle la foule: « Est-ce que vous voulez que je continue? » Avec le public qui répond toujours « oui », Dynamike reçoit un appui inconditionnel qui lui donne raison defacto face aux autorités. Pour Mike, cet appel de la foule est un mandat qu’on lui donne.
Sur son nouveau site Web, qu’il utilise pour l’instant pour partager ses idées et auquel il réfère à chaque spectacle, il est possible de trouver une photo de lui-même nu de dos, regardant une pancarte interdisant la nudité. Mike « fait quelque chose qu’il n’est pas supposé faire pour quelque raison. Il le fait et tout le monde a du plaisir. Quel est le problème avec cette image? Le gars qui le fait ou cette idée étrange qui dit qu’il ne devrait pas le faire? Parce que apparemment tout le monde est content. Alors, je pense que cette idée que c’est mauvais est elle-même mauvaise. »
Traînant sa bosse un peu partout au Canada et en même en Europe, Mike aime son spectacle et en est fier. En effet, quand il commence à s’ennuyer, il réfléchit quelque temps et finit par le changer, question de le garder dynamike.

Interesting and informative. But will you write about this one more?